Centraliser chauffage, climatisation et éclairage avec Home Assistant sur Synology

Comme beaucoup, j’ai commencé la domotique un peu au hasard. Une application pour les climatisations, une autre pour le chauffage, une pour la station météo, encore une pour l’aspirateur… Résultat : une maison connectée, mais une expérience complètement éclatée.

À un moment, j’en ai eu assez de jongler entre dix applications différentes pour piloter des équipements qui, au final, partagent tous le même objectif : améliorer le confort et optimiser la consommation. C’est là que j’ai décidé de centraliser tout ça avec Home Assistant, auto-hébergé sur mon Synology, via Docker.

Pourquoi Home Assistant plutôt qu’une solution clé en main

Home Assistant n’est pas la solution la plus simple au premier abord, mais c’est clairement l’une des plus puissantes. Contrairement aux hubs propriétaires, ici rien n’est enfermé : tout est local, scriptable, automatisable, et surtout interopérable.

Le principe est simple : Home Assistant devient le cerveau de la maison. Tous les objets connectés viennent s’y raccorder, peu importe leur marque ou leur application d’origine. Une fois centralisés, ils peuvent enfin communiquer entre eux.

Et tant qu’à faire, autant l’installer là où j’ai déjà de la puissance, du stockage et de la disponibilité : mon NAS Synology.

Installation de Home Assistant sur Synology via Docker

Comme pour Immich, j’ai choisi une installation via Docker. Home Assistant se prête très bien à l’exercice, avec une image officielle régulièrement mise à jour.

L’installation repose sur un conteneur principal qui embarque Home Assistant Core. Une fois le conteneur lancé, l’interface web est accessible en quelques secondes. La configuration initiale se fait directement depuis le navigateur, sans ligne de commande complexe.

Le gros avantage de Docker ici, c’est l’isolation. Home Assistant tourne indépendamment du reste du système, peut être mis à jour facilement et sauvegardé proprement. Et surtout, il reste parfaitement stable sur le long terme.

Centralisation de tous mes équipements connectés

Une fois Home Assistant opérationnel, j’ai commencé à y connecter progressivement tous mes équipements existants.

Mes climatisations pilotées par Sensibo ont été intégrées sans difficulté. Je peux désormais contrôler chaque unité depuis une seule interface, consulter les températures et déclencher des automatisations en fonction de différents paramètres.

Pour le chauffage, j’utilise des modules Heatzy. Contrairement à d’autres équipements, l’intégration n’est pas native dans Home Assistant. En revanche, il existe des solutions communautaires bien documentées qui font parfaitement le travail.

De mon côté, je me suis appuyé sur une intégration développée par la communauté, disponible sur GitHub. Elle permet de récupérer l’état des radiateurs, de piloter les modes de chauffe et de les intégrer pleinement dans les scénarios Home Assistant. Une fois en place, le comportement est transparent et fiable, comme si l’intégration était officielle.

Comme souvent avec Home Assistant, cela demande un peu plus de mise en place qu’une intégration “clé en main”, mais c’est aussi ce qui fait la force de l’écosystème : tant qu’une API existe, il y a presque toujours quelqu’un pour en tirer parti.

J’ai également intégré ma station météo achetée chez Nature & Découvertes. Température extérieure, humidité, pression, tendances météo… Ces données servent maintenant de déclencheurs pour certaines automatisations, notamment côté chauffage et jardin.

À l’intérieur, j’ai ajouté plusieurs thermomètres connectés achetés sur Amazon. Ils me permettent de suivre précisément la température de chaque pièce et d’éviter les approximations basées sur un seul capteur central.

Gestion des lumières, du jardin et des équipements mobiles

Les interrupteurs connectés gèrent désormais l’éclairage de la maison. Allumage manuel, scénarios horaires ou déclenchement automatique selon la présence, tout est piloté depuis Home Assistant.

Le jardin et l’arrosage sont eux aussi intégrés. En combinant météo, humidité et horaires, l’arrosage devient intelligent : inutile d’arroser s’il a plu ou si l’humidité est suffisante.

J’ai également connecté mes aspirateurs robots. Ils peuvent se lancer automatiquement en fonction des plages horaires, de l’absence détectée ou simplement à la demande depuis une seule interface.

Scénarios et automatisations : là où tout prend sens

La vraie force de Home Assistant, ce sont les scénarios automatiques. Une fois tous les équipements intégrés, on ne pilote plus la maison, on la laisse fonctionner toute seule.

Le chauffage se déclenche automatiquement selon des plages horaires précises, mais aussi en fonction de la présence détectée dans la maison. Si personne n’est là, inutile de chauffer pour rien.

J’ai également mis en place des déclenchements basés sur la température réelle. Si une pièce descend sous un certain seuil, le chauffage s’active automatiquement, sans intervention manuelle.

Lors de mes absences, Home Assistant gère une simulation de présence. Les lumières s’allument et s’éteignent à des horaires variables via les interrupteurs connectés, donnant l’illusion d’une maison occupée.

Tout est logique, automatisé, et surtout cohérent entre les différents systèmes.

Domotique locale, fiable et sous contrôle

En centralisant toute ma domotique dans Home Assistant sur mon Synology, j’ai gagné en confort, en lisibilité et en fiabilité. Plus besoin de dépendre de multiples clouds, de mises à jour imposées ou d’applications abandonnées.

Tout fonctionne en local, continue de marcher même si Internet tombe, et reste évolutif. Je peux ajouter de nouveaux équipements, créer de nouveaux scénarios et affiner les règles au fil du temps.

Ce n’est pas la solution la plus simple, mais clairement l’une des plus solides quand on veut une maison connectée qui reste sous contrôle.