Mettre à jour Immich sur Synology proprement avec Docker et Container Manager

Immich s’impose progressivement comme une alternative sérieuse et moderne à Google Photos pour l’auto-hébergement de ses photos et vidéos. Rapide, bien pensé, et très actif côté développement, le projet évolue souvent. Et qui dit évolutions fréquentes dit mises à jour régulières.

Si tu veux comprendre pourquoi j’ai choisi de centraliser mes photos et vidéos avec Immich sur un Synology, et quelles problématiques de sauvegarde locale cela résout concrètement, je t’invite à lire cet article.

Sur un NAS Synology, lorsque Immich est installé via Container Manager sous forme de projet Docker Compose, la mise à jour peut sembler intimidante au premier abord. Pourtant, la procédure est simple, propre et surtout sans aucun risque pour les données, à condition de respecter quelques règles essentielles.

Ce guide s’adresse à ceux qui ont installé Immich de manière classique via Container Manager, avec un projet nommé par exemple immich-app, stocké dans le dossier suivant :

/volume1/docker/immich-app

L’objectif est clair : mettre Immich à jour vers la dernière version disponible, sans perdre de photos, sans casser la base de données, et sans repartir de zéro.

Principe général de la mise à jour Immich

Avant d’entrer dans les étapes, il est important de comprendre comment fonctionne Immich sur Docker. Les conteneurs ne contiennent aucune donnée critique. Les photos, la base PostgreSQL et la configuration sont stockées dans des volumes Docker persistants.

Mettre Immich à jour consiste donc simplement à télécharger de nouvelles images Docker, puis à recréer les conteneurs existants en réutilisant exactement les mêmes volumes. C’est une opération standard dans le monde Docker, parfaitement maîtrisée et sans danger lorsqu’elle est faite correctement.

Étape 1 – Se placer dans le dossier du projet Immich

La première chose à faire est de se connecter en SSH à son NAS Synology. Une fois connecté, il faut se placer dans le dossier où se trouve le fichier docker-compose.yml du projet Immich.

cd /volume1/docker/immich-app

Ce dossier contient normalement le fichier Compose, les variables d’environnement éventuelles et les références aux volumes utilisés par Immich.

Étape 2 – Télécharger les dernières images Docker d’Immich

Une fois dans le bon dossier, on peut demander à Docker de récupérer les dernières versions des images utilisées par Immich.

docker compose pull

Cette commande est totalement sûre. Elle se contente de télécharger les nouvelles images depuis le registre officiel, notamment :

  • immich-server,
  • immich-machine-learning,
  • Redis,
  • PostgreSQL
  • et les autres services liés au projet.

Aucun conteneur en cours d’exécution n’est modifié à ce stade. Rien n’est arrêté, rien n’est supprimé, et aucune donnée n’est impactée.

Pour vérifier que tout s’est bien passé, il est possible d’aller dans DSM, puis dans Container Manager, section Image. Les nouvelles images doivent apparaître dans la liste.

Étape 3 – Arrêter le projet Immich dans DSM

Une fois les images téléchargées, il faut arrêter proprement Immich avant de recréer les conteneurs.

Depuis DSM :

Container Manager → Projet → sélectionner immich-app → cliquer sur Arrêter

L’arrêt du projet stoppe l’ensemble des services Immich de manière propre, sans toucher aux volumes ni aux fichiers stockés.

Étape 4 – Supprimer les conteneurs Immich sans supprimer les données

C’est l’étape qui fait souvent peur, mais elle est en réalité parfaitement maîtrisée.

Toujours dans DSM, rendez-vous dans :

Container Manager → Conteneur

Il faut alors supprimer un par un tous les conteneurs liés à Immich, par exemple :

  • immich_server,
  • immich_machine_learning,
  • immich_redis,
  • immich_postgres,
  • et tout autre service Immich présent.

Le point crucial se situe ici.

Lors de la suppression, il ne faut surtout pas cocher l’option “Supprimer les volumes” (si elle vous est proposée).

Les volumes contiennent :

  • la base de données PostgreSQL,
  • les photos et vidéos,
  • ainsi que toute la configuration Immich.

Supprimer uniquement les conteneurs est sans risque. Ils seront recréés à l’identique lors du redémarrage du projet.

Étape 5 – Redémarrer le projet Immich

Une fois tous les conteneurs supprimés, il ne reste plus qu’à relancer le projet.

Depuis DSM :

Container Manager → Projet → sélectionner immich-app → cliquer sur Créer

Container Manager va automatiquement :

  • recréer tous les conteneurs,
  • utiliser les nouvelles images Docker téléchargées précédemment,
  • reconnecter les volumes existants,
  • et relancer Immich avec les données intactes.

En quelques secondes, Immich est de nouveau opérationnel, cette fois dans sa version la plus récente.

Étape 6 – Vérifier que la mise à jour est bien appliquée

Une fois Immich accessible via le navigateur, il est conseillé de vérifier la version active.

Dans l’interface Immich :

Settings → About

La version affichée doit correspondre à la dernière version disponible, par exemple v2.5.2.

Côté DSM, un contrôle supplémentaire peut être effectué :

Container Manager → Conteneur → immich_server

L’image utilisée doit être du type :

ghcr.io/immich-app/immich-server:<tag>

Cela confirme que le conteneur utilise bien la nouvelle image.

Nettoyer les anciennes images Docker inutilisées

Après plusieurs mises à jour, Container Manager conserve souvent des images Docker devenues inutiles. Elles ne servent plus à rien et occupent de l’espace disque.

Dans DSM, rendez-vous dans :

Container Manager → Image

Vous y verrez les anciennes versions d’images Immich marquées comme non utilisées. Elles peuvent être supprimées sans aucun impact sur le fonctionnement actuel.

Ce nettoyage est optionnel, mais recommandé pour garder un système propre et éviter une accumulation inutile de couches Docker.

Pourquoi cette méthode est la bonne

Cette approche respecte totalement la philosophie Docker. Les conteneurs sont éphémères, les données sont persistantes, et les mises à jour deviennent une simple formalité.

En procédant ainsi, on évite les bricolages, les scripts hasardeux et les redéploiements complets. C’est propre, reproductible, et parfaitement adapté à un NAS Synology utilisé en production.

Si Immich évolue vite, cette méthode permet de suivre le rythme sans stress, tout en conservant ses souvenirs bien à l’abri.